mb LH noir et blanc.jpg

—LAURENT HATAT—

Didier Eribon (Retour à Reims), Voltaire (Nanine), Laurent Binet (HHhH), Aziz Chouaki (Les Oranges), G.E. Lessing (Nathan le sage)… Laurent Hatat, fondateur et directeur artistique d’anima motrix, aime mettre en lumière la violence des mécanismes de domination à travers des textes classiques ou contemporains. Dans cet esprit, il a récemment co-mis en scène avec Emma Gustafsson le texte d’Edouard Louis Histoire de la Violence. Cette co-mise en scène marque les prémices d’une collaboration artistique intense avec Emma Gustafsson. S’affirme depuis une ligne artistique nouvelle. Celle d’un l’entrelacé entre danse et théâtre, entre la pensée en mouvement et le corps intelligent. L’adaptation chorégraphique du Corps Utopique de Michel Foucault, entièrement dansé et joué en est l’acte fondateur.

À Reims, ma ville natale, je navigue entre le club théâtre du lycée, le théâtre universitaire, la fréquentation éblouie de la Comédie de Reims. Ma jeunesse dans l’art se poursuit à Paris, l’école de théâtre en banlieue, puis très vite je joue mes premiers spectacles comme acteurs dans les dernières productions des Renaud-Barrault au Théâtre du Rond-Point des Champs- Elysées et les premières créations d’Oliver Py dans les friches industrielles du nord-est de Paris. Je joue dans une quinzaine de spectacles embrassant un large répertoire allant de Tchekhov à Mishima ou Horváth en passant par Musset et Molière. 

 

En parallèle,  je poursuis un cursus universitaire franco-allemand à la Sorbonne Nouvelle et à L’Institut d’Etude Théâtrale que j’achève à la Karl Eberhardts Universität de Tübingen par un séminaire de dramaturgie. Pour me former à la mise en scène je deviens l’assistant d’Agathe Alexis, de Jean-Claude Berutti, de Philippe Delaigue. Je suis lauréat de l’Unité Nomade de Formation à la mise en scène du Conservatoire National Supérieur de Paris où j’étudie d’abord avec Jacques Lassalle puis avec Krystian Lupa à Cracovie.

 

En 1999, à la Comédie de Béthune, je signe la mise en scène de Grand Cahier d’après Agota Kristof. Ce sera ma première adaptation de roman et l’acte fondateur d’anima motrix, ma compagnie. Le spectacle tournera pendant quatre saisons. 

 

Au travers de textes contemporains comme du XVIIIème, dans mon théâtre, j’aime questionner l’altérité, les rapports de domination sociale et les violences qu’ils induisent. 

 

Entre 2000 et 2007, je mets en scène pas moins de dix spectacles, dont Histoire d’amour (dernier chapitre) de Jean-Luc Lagarce (2002), Moitié Moitié de Daniel Keene (2003), Dehors devant la porte de Wolfgang Borchert (2004), Dissident, il va sans dire de Michel Vinaver (2007). Dans le même temps je développe des partenariats et des collaborations avec les théâtres et les équipes qui m’accompagnent dans mon travail de création : La Comédie de Béthune-CDN, la Scène Nationale de Douai, le Nouveau Théâtre de Besançon-CDN, le Théâtre de la Commune à Aubervilliers-CDN et le Théâtre du Nord-CDN. Après un cycle de théâtre des idées au Théâtre du Nord, avec la création de Nathan le sage de G. E. Lessing , La précaution inutile de Beaumarchais, Nanine de Voltaire en 2011, je reviens à des adaptations de textes contemporains pour tendre au présent un miroir encore plus fidèle : comme avec HHhH de Laurent Binet (2012) ou l’ouvrage sociologique de Didier Eribon Retour à Reims (2014). Ces derniers spectacles tournent dans toute la France les trois saisons suivantes. Au CDN de Béthune, je crée mon adaptation du roman de Nancy Huston Une Adoration (2015), puis j’adapte pour la scène, en collaboration avec Emma Gustafsson, le roman d’Edouard Louis Histoire de la Violence. La collaboration avec Emma Gustafsson, qui vient du monde de la danse contemporaine, nous permet pour ce spectacle un travail plus poussé sur le rapport au corps, à sa sensualité et sa force scénique. 

 

Dans le droit fil de ce travail qui allie le corps et la pensée, je poursuis ma collaboration avec Emma Gustafsson autour d’une adaptation chorégraphique de la conférence radiophonique de Michel Foucault Le Corps Utopique.  J’enchaine avec la création en janvier 2021 du dernier opus de la trilogie de Beaumarchais La Mère Coupable, une comédie noire sur la période révolutionnaire qui réunira au plateau une belle équipe de sept actrices et acteurs.

VOIR CV COMPLET

 
EMMA-carre.jpg

—emma gustaffson—

Née en Suède, Emma Gustafsson connaît une carrière chorégraphique qui s’élargit vers le théâtre. Formée en Angleterre, en Suède, elle passe par l’Allemagne engagée en tant que soliste au Staatsheater Saarbrucken. En 2001 elle intègre le Ballet Preljocaj, compagnie dans laquelle elle crée et interprète pendant près de dix ans nombreuses pièces: Les Quatre Saisons, Le Sacre du Printemps, Near Life Experience , Le Spectre de la Rose , 6H4, N, Haka,  Les Noces, Empty Moves parts 1+2, Blanche Neige, Les Nuits. Depuis 2004, elle chorégraphie également cinq pièces représentées au pavillon Noir à Aix en Provence, dans le cadre des "Affluents" du Ballet Preljocaj. Comme actrice, elle a joué notamment avec Franck Dimech, Marie Vayssière, Alain Simon, Frédéric Poinceau, Marco Baliani, Carole Errante et Laurent Hatat. Elle joue notamment dans Retour à Berratham créé par A. Preljocaj dans la cours d’honneur au Festival d’Avignon 2015, elle approfondit ainsi sa réflexion personnelle sur le mouvement dansé porteur d’émotion dans le jeu. 

Depuis 2018 elle collabore avec Laurent Hatat pour la définition et la mise en scène des spectacles de la compagnie. Leur collaboration s’articule autour du rapport au corps, sa maitrise et son expressivité comme enjeu d’évidence dans l’interprétation contemporaine des matériaux textuels. Dans leur travail commun le corps apparaît comme un outil majeur de la vie et des émotions dans l’espace théâtral.